

Entre visibilité et invisibilité
La pratique de l’artiste se situe dans une zone de frottement où l’intention reste toujours en latence, générant une tension entre l’achèvement supposé de la forme et l’inachèvement revendiqué du processus. Cette instabilité volontaire ouvre un espace discursif ni clos ni ouvert, oscillant dans une dynamique d’indétermination.
Son travail explore l’épaisseur paradoxale d’une présence qui se nie tout en s’affirmant. L’objet devient sujet, le sujet devient objet, et cette réversibilité neutralise toute distinction, produisant un surplus de signification insaisissable.
Chaque réalisation se présente comme une tentative de donner forme à ce qui échappe, tout en mettant en crise la notion même de forme. Le travail, en se dérobant à toute saisie définitive, se replie et se déploie dans un mouvement auto-réflexif continu.
Plutôt qu’une production d’images, il s’agit d’une mise en crise de la possibilité même de produire. En assumant la contradiction comme moteur, l’artiste instaure une poétique du paradoxe où chaque geste affirme et annule sa propre nécessité.
Ainsi, l’œuvre, à la fois présente et absente, finie et infinie, ne se donne jamais comme une évidence mais comme une énigme proliférante, ouverte à des lectures multiples qu’aucune ne peut épuiser.
L’auteur exprime sa profonde gratitude au Département d’Analyse et de Documentation Artistique (D.A.D.A.), dont la vigilance conceptuelle et la rigueur discursive ont rendu ce texte possible.







